mercredi 4 février 2015

ITINÉRAIRE D'UNE HAPPY NAPPY!


photo - cafemom.com
La récente lecture d'un article concernant le phénomène #Nappy m'a donné l'envie de regarder par dessus mon épaule. Le Nappy pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est le retour au sources pour la femme Afro. On décide d’accepter sa chevelure cotonneuse telle qu'elle est et de l'apprivoiser. On comprend ensuite que cela va nous emmener bien plus loin, à la découverte de soi même. Une sorte de thérapie en quelques sortes.

Maintenant que je suis locksée, j'ai à vrai dire oublié à quel point ce cap a été difficile. Plusieurs mois d'hésitations à m'interroger su ma capacité à me révéler aux autres telle que je suis. 
Plusieurs étapes transitoires entres doutes et autosatisfaction et pour finir une prise de conscience de mon identité.

J'ai du cesser le défrisage il y a environ 12 ans. A cette époque je peinais à trouver une coiffeuse digne de ce nom (tresses trop tirées, prestation bâclée..). Je fréquentais les salons de la célèbre avenue "château rouge" sans vraiment comprendre le business qui se tramais là. 

Bref, ma routine était: tresses pendant 3 semaines, afro pendant 3-4 jours (péniblement) et puis re-tresses. Un cercle vicieux et souvent la tentation de repasser pas la phase défrisage mais j'ai tenu bon et puis surtout, je me suis dit:
 "La coiffeuse met des gants, pour se protéger de la crème défrisante puis applique généreusement tout ça sur mon crane et moi j'applaudis. Je suis vraiment folle de continuer"
Mon cheveu est ensuite quasi informe.....obligée de faire des mises en plis, rouleaux, fers pour qu'ils ressemblent à quelque chose....bains d'huile pour que la repousse ne se désolidarise pas de mon cheveu raide puis ré-défrisage....L'ENFER!

Allais-je continuer ad-vitam cette routine? Je crois que c'est en me rendant sur mon lieu de travail en Afro (et à reculons) pour la première fois que j'ai eu droit à cette réflexion qui m'a décidée: Mon collègue me regarde droit dans les yeux avec un air dépité et me dit:
Mais, qu'est ce que vous avez sur la tête??? c'est le bordel tout ça! 
Moment de solitude, de stress et même un peu de honte.

Quoi je suis si laide que ça avec mes cheveux? Je n'ai tellement pas l'habitude de me montrer comme cela qu'on trouve ça bizarre et puis je ne m'assume pas non plus!

STOP, BASTA, ça ne pouvait plus continuer. Même si j'allais avoir du mal, j'avais le mental pour me débarrasser de ces diktats imposés depuis l'enfance et accumulés au fil du temps.

La route est longue et je ne suis d'ailleurs pas arrivée au bout du chemin. 

J'ai commencé à me faire de petites vanilles, seule devant mon miroir et puis à force de discussions, recherches et surtout avec le soutien de mon conjoint, je suis passée à la vitesse supérieure avec les LOCKS.

Je vous passe les préjugés propres à cette coiffure. J'ai tenu bon, elles ont pris de la longueur et moi de l'assurance. 
Cela m'a fait prendre conscience du fait qu'on peu être bien dans sa peau en limitant tous ces artifices qui nous pourrissent la vie plus qu'ils nous aident. Je ne dis surtout pas qu'il faut bannir définitivement les rajouts et autres artifices (si c'est épisodique) simplement adopter des pratiques capillaires qui ne détruisent ni ne fragilisent ce bien précieux qu'est le cheveu crépu. 

Il faut l'apprivoiser. Il le vaut bien, et nous aussi!

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